Vincent Tourraine
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Spotify, premiers pas

#musique #Spotify

J’ai déjà évoqué sur ce blog l’importance de la musique dans mon petit monde numérique. iPod, iTunes, vous voyez le paysage. J’abordais notamment le sujet des nouveaux services de musique à la demande, vous expliquant pourquoi ils ne me convenaient pas. Disons que je suis curieux. Me voici donc maintenant abonné à Spotify. Alors ?

Spotify
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En finir avec la synchro

Ça ne me dérange pas de synchroniser mon iPhone tous les jours. Je suis déjà obligé de le brancher pour recharger la batterie, et les podcasts ne se téléchargent pas depuis le device. Bon ok, ça ne me dérange pas trop, mais je pourrais m’en passer.

Plus important, la grande majorité des utilisateurs ne synchronisent que très rarement, voire jamais, leurs appareils. Apple le sait, et s’adapte (lentement) : synchro OTA, backup iCloud, etc. En ce qui concerne la musique, la nouvelle offre d’Apple est originale, permettant de légaliser sa collection de mp3, mais n’apporte aucune innovation.

Si je devais repartir de zéro, sans collection existante, que choisirais-je ? Il est peut-être temps de passer à autre chose.

Spotify, Rdio, Mog, Pandora, Deezer…

Bonne nouvelle, il y a de la concurrence, il ne reste donc plus qu’à choisir le service qui me correspond le mieux. Spotify, en plus d’être à l’origine de cette vague, mise exclusivement sur ses applications natives, là où beaucoup offrent avant tout un lecteur web. Je ne vais pas rentrer ici dans ce vaste débat, mais pour faire court l’approche native me semble plus pertinente pour un lecteur audio.

Le choix du type de compte était évident. Hors de question de supporter des annonces publicitaires, et l’offre sans ses applications mobiles n’a pas beaucoup de sens. C’est donc Premium, avec un prix qui reste très abordable (inférieur au prix d’un CD par mois, pour comparer ce qui comparable).

Effet « wahoo »

Je dois bien le reconnaître, la première utilisation provoque un effet “wahoo” (buzz word, ah ah). C’est comme si on vous autorisait à vous promener dans une FNAC la nuit, en prenant tous les albums qui vous intéressent. Avec une connexion correcte, on croirait que tout est disponible, bien rangé, à volonté, instantanément.

Encore des problèmes

Non, Spotify n’offre pas toute la musique au monde. Loin de là. Certains groupes sont historiquement opposés à la distribution fragmentée (Tool), d’autres rejetent le modèle de financement (Black Keys « Spotify isn’t a ‘Feasible’ Way to Make a Living »), et je ne parle même pas des Beatles ou Pink Floyd. Mais ce n’est pas tout. Il vaut mieux aimer la musique anglo-saxone et européenne, parce que le reste de monde n’existe pas aujourd’hui sur Spotify.

Il est toujours possible d’ajouter de simples fichiers à sa bibliothèque. Mais ces morceaux, en plus d’être mal intégrés au reste du catalogue officiel, ne seront pas disponibles sur les terminaux mobiles. À moins de synchroniser manuellement. Retour à la case départ.

Je dois reconnaître, d’un autre côté, que ce mode de rémunération des artistes ne me convient pas. J’ai accès à l’ensemble du catalogue légalement. Bien. Le problème c’est que j’ai l’impression de payer pour un service (architecture réseau, applis, tout ça), mais sans aider les artistes que j’écoute. Comment sont répartis mes 9,99€ ? La solution de la “licence globale”, puisque c’est bien de ça dont il s’agit, me gêne. Je vais donc continuer à supporter les artistes qui me tiennent le plus à cœur en allant les voir en concert (lorsque les prix ne sont pas délirants), et en achetant… des CD et autres coffrets collector.

Les « apps »

Spotify propose depuis peu des « apps », une collection de web-apps fortement intégrées à ses clients desktop, permettant d’explorer le catalogue de différentes manières. Le résultat n’est pas renversant, mais assez prometteur. L’app Pitchfork, par exemple, propose simplement un accès aux derniers albums évalués par le site, avec notes et critiques. Ce rapprochement entre le web et le natif, entre le commentaire et l’accès à la musique, m’enthousiasme beaucoup.

Encore une fois, ce n’est que le début, et je suis impatient de voir comment évolueront ces apps.

La musique « sociale » (a.k.a. Facebook)

Faut-il lier son compte Spotify avec son profil Facebook ? Encore une question existentielle. Difficile à dire parce que je n’ai absolument aucune confiance en Facebook pour respecter mes paramètres de confidentialité. Non, je ne veux pas que ma timeline se fasse l’écho de tous les titres que j’écoute. Oui, je veux pouvoir échanger des découvertes avec mes amis.

Si quelqu’un arrive à me convaincre de l’intérêt de ce rapprochement, je suis prêt à l’entendre, et même à faire des efforts pour me remettre un peu sur Facebook. Mais il va me falloir des arguments sérieux. Pour l’instant, je n’en vois pas.

Transition

Pour conclure, après quelques jours d’utilisation intensive, je suis globalement satisfait de mon abonnement. Je vais donc le garder pour le moment, en restant attentif aux offres concurrentes.

C’est justement une des promesses de ce type de services : rien ne m’appartient vraiment, je suis donc libre de partir quand je veux. Le problème, c’est qu’il manque aujourd’hui la possibilité de transférer ses données d’un service à l’autre. Je peux facilement changer de navigateur web en exportant/important ma liste de bookmarks. Pour ma collection musicale, ce n’est pas encore possible. Il faudrait une convention d’URI pour la musique. Je veux avoir des liens interprétables par tous les logiciels de lecture : music://:artist/:album/:titre.

Ensuite, tout est possible : partager, stocker, organiser, analyser et bien-sûr écouter.

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